Vidéo promotionnelle - Vignerons de Buzet
Tournage et montage en équipe, sous contrainte de narration et cadre légal.
1. Introduction
Cette réalisation a été effectuée pour la coopérative des Vignerons de Buzet, à l'occasion de la création d'un nouveau parcours de visite et de découverte de leur domaine. Dans une équipe de quatre personnes, j'ai participé à la captation, aux interviews et au montage audiovisuel final. Bien qu'éloigné de l'administration réseau, ce projet m'a demandé de la rigueur technique, de l'organisation et le respect de contraintes légales strictes.
2. Les objectifs
2.1. Objectifs techniques
- Capturer des images et du son de qualité professionnelle (caméra et drone)
- Réaliser le montage vidéo d'une vidéo professionnelle sur le logiciel DaVinci Resolve
2.2. Objectifs non techniques
- Mener des interviews pour mettre les viticulteurs à l'aise face à la caméra
- Collaborer à quatre pour unifier le rendu final
- Respecter scrupuleusement la Loi Évin (réglementation sur la publicité pour l'alcool)
- Promouvoir le savoir-faire et la culture de la Coopérative des vignerons de Buzet en ligne
3. Le contexte et les enjeux
Pour accompagner l'ouverture de leur parcours de découverte, la coopérative des vignerons de Buzet souhaitait produire une vidéo moderne valorisant leur terroir et le travail humain réalisé par ses vignerons, destinée principalement à leurs réseaux sociaux et à YouTube.
Enjeux créatifs : Produire un contenu dynamique et harmonieux malgré le fait que nous étions quatre à filmer. La vidéo ne devait pas être trop longue, car nous savions que les vidéos longues n'attirent pas autant l'attention que les formats courts. Il fallait donc réussir à interviewer quatre personnes tout en gardant l'attention des spectateurs. Il a fallu choisir rigoureusement les passages à garder dans le rendu final.
Enjeu juridique : Contourner les restrictions de la Loi Évin en axant notre message uniquement sur la terre, les vignes et le savoir-faire, sans jamais faire d'incitation à la consommation.
Risque majeur : Outre le risque légal lié à la Loi Évin, le défi majeur était le manque de cohérence. Avec quatre personnes menant chacune une interview différente, le risque était d'obtenir une vidéo finale décousue, tant sur le plan du rythme que de la colorimétrie.
4. Les différentes étapes du projet
4.1. Réunions de cadrage, repérage et trames de tournage
Le projet a débuté par des réunions de cadrage avec la coopérative pour assimiler leurs attentes visuelles. J'ai ensuite organisé une phase de repérage physique sur le domaine. Cela nous a permis d'identifier les lieux avec la meilleure luminosité et d'arrêter notre choix sur le chai pour les interviews, mais aussi certains champs de vigne et le château du domaine en restauration pour des plans de coupe et d'illustration. En amont du tournage, j'ai rédigé des trames (storyboards) précises, planifié les séquences d'illustration nécessaires, et préparé les grilles de questions pour guider les viticulteurs.
4.2. Captation des plans d'illustration et drone
La première phase de tournage a été dédiée aux plans d'illustration, sans l'implication des viticulteurs. Nous avons filmé les parcelles de vignes et le château de la coopérative. En parallèle, nous avons opéré un drone DJI Mini 3 pour capturer des plans aériens dynamiques. Durant cette phase, l'application de la Loi Évin a été stricte : nous avons délibérément exclu la captation des machines d'embouteillage, des cuves en action ou de toute image assimilable à une incitation à la consommation.
4.3. Tournage des interviews dans le chai
La seconde phase a mobilisé les professionnels. Nous avons mené les interviews au cœur du chai. Pour pallier la faible luminosité du lieu, nous avions mis en place des lumières supplémentaires fournies par la coopérative, mais aussi, pour pallier la réverbération du lieu, nous avons équipé les viticulteurs de micros-cravates fournis par l'école, permettant de capter une voix claire et isolée. Mon rôle a consisté à les mettre à l'aise pour obtenir des interventions naturelles et authentiques pour les interviews dont j'étais responsable de l'animation, tout en supervisant le cadrage et la captation du son lors des interviews dont mes collègues étaient responsables.
4.4. Logistique de stockage et transfert des rushs
La captation par trois caméras simultanées a généré des dizaines de gigaoctets de rushs bruts, notamment en raison du fait que nous filmions en 4K 60 FPS, qui génère des fichiers très volumineux. Pour éviter les limites de stockage d'un partage cloud gratuit classique, nous avons organisé un système de rotation de disques durs externes physiques entre les membres de l'équipe. Cette logistique a assuré une réplication locale et sécurisée des données sans perte de temps.
4.5. Post-production et montage sur DaVinci Resolve
Chaque membre a importé les rushs dans DaVinci Resolve pour traiter l'interview dont il avait la charge. J'ai passé une dizaine d'heures à dérusher ma partie, à synchroniser l'audio des micros-cravates avec la vidéo via l'analyse des formes d'ondes, et à extraire une séquence percutante. La difficulté finale a résidé dans la fusion de nos quatre séquences distinctes sur la timeline globale : j'ai ajusté les coupes pour harmoniser le rythme global de la vidéo (5 minutes), intégré une musique d'ambiance libre de droits, uniformisé la colorimétrie du chai, puis exporté le fichier final.
4.6. Livraison et diffusion en boutique
J'ai procédé à la livraison des fichiers finaux (4K et 1080p) à la coopérative. Par la suite, nous avons découvert avec satisfaction que le rendu professionnel de la vidéo avait convaincu le client de l'exploiter bien au-delà des réseaux sociaux. Notre réalisation a été diffusée en boucle sur les écrans à l'accueil de leur boutique physique, offrant une visibilité inattendue et directe à notre travail face aux clients du domaine.

5. Les résultats
5.1. Pour moi
Techniquement, j'ai développé une solide compétence sur le logiciel DaVinci Resolve, maîtrisant la synchronisation des formes d'ondes audio et la gestion des exports multi-formats ainsi que les techniques de montage de base (cut, zoom, gestion du rythme). Personnellement, j'ai appris à diriger des professionnels lors d'interviews, à gérer la direction artistique d'une équipe de quatre personnes et à composer avec des contraintes juridiques strictes (Loi Évin) sans brider la créativité du projet.
5.2. Pour le client
Le rendu final a dépassé les attentes initiales de la coopérative. Ils ont obtenu un produit professionnel et dynamique, qui valorise parfaitement leur terroir tout en les protégeant de tout risque légal vis-à-vis de la réglementation sur l'alcool.
6. Ce que je retiens
Ce projet m'a fait réaliser l'immense disparité entre le temps de captation et la durée du rendu final. Gérer l'harmonisation du rythme d'une vidéo montée par quatre personnes différentes a été techniquement très complexe. Ma valeur ajoutée a été la gestion des interviews sur le terrain pour obtenir des interventions authentiques, ainsi que l'uniformisation du montage final sur DaVinci Resolve. L'enseignement principal que j'en tire est qu'une production audiovisuelle exige une préparation millimétrée. Si je devais recommencer, j'imposerais un storyboard beaucoup plus strict en amont pour éviter de filmer des rushs inutiles, ce qui nous aurait épargné des heures de dérushage.
7. Les lendemains du projet
Après la livraison du projet, notre intervention a été terminée. Pour la suite, les vidéos ont été diffusées en boucle dans leur boutique le temps de la promotion de leur nouveau parcours de visite.